Le Bouddha a déclaré que toutes les réalités expérimentées par les êtres peuvent être rassemblées en deux catégories :
- les réalités créées puis expérimentées par l’illusion et,
- les réalités expérimentées par la non-illusion.
Ces deux réalités sont assez différentes l’une de l’autre, mais chaque réalité est vraie à l’intérieur de sa propre sphère, c’est-à-dire que chaque réalité est vraie pour les êtres qui expérimentent cette réalité.
Ainsi, le Bouddha a nommé ces deux niveaux de réalité « les deux vérités ».
- La réalité qui apparaît aux êtres illusionnés n’est autre que le produit de leur propre confusion.
- La réalité qui apparaît aux êtres non-illusionnés n’est pas une erreur qui vient par confusion, mais est un fait.
Cette dernière est une version supérieure de la réalité comparée à la précédente réalité erronée ; les êtres qui expérimentent la dernière sont plus avancés spirituellement que les êtres ordinaires confus qui créent et expérimentent la précédente.
Il existe deux termes qui sont essentiels à toute discussion sur la vision dans le Bouddhisme.
Ce sont les deux termes dont il est question lorsque l’on parle des « Deux Vérités ».
Le Bouddha a donné un nom à chaque type de réalité qui reflétait les significations qui viennent d’être données :
En utilisant une terminologie qui était courante en Inde à cette époque, Il appela le premier type « saṃvṛti » et le second type « paramārtha ».
ཀུན་རྫོབ། - “Kün-Dzob” - Fictionnelle - "saṃvṛiti"
Le premier mot « saṃvṛti » est composé de deux parties :
- « vṛti » signifie « voilé » ou « obscurci »,
- « saṃ » comme dans « saṃyak » signifie « réellement et vraiment ainsi ».
Le mot complet signifie : « Cela est réellement et vraiment un produit de la confusion ».
- Lorsqu’il est pris dans le contexte des deux vérités enseignées par le Bouddha, il signifie que la réalité qui apparaît à l’esprit illusionné n’est autre qu’un produit de la confusion qui est présente dans cet esprit.
- Toutefois, le sens usuel au Tibet le traduit par « être habillé de façon à paraître différemment de ce que cela est ». En résumé, c’est avoir le sens de « fiction totale ».
En termes spirituels, cette fiction se réfère au fait que les réalités expérimentées par les êtres illusionnés ne sont pas le fait de la réalité telle qu’elle est, mais sont, de bout en bout, des versions erronées de cette réalité qui apparaissent aux êtres illusionnés du fait des deux types de confusion présents dans leur propre courant d’esprit :
ཉོན་མོངས་པའི་སྒྲིབ་པ། - ‘Nyön-mong-pa’I Drib-pa’ – « confusion émotionnelle » ; et,
ཤེས་བྱའི་སྒྲིབ་པ། - ‘Shey-ja’i Drib-pa’ – « confusion cognitive » ;
དོན་དམ། - “Dön-Dam” – Tel que cela est – Paramārtha
Le second terme, « paramārtha », décrit ce que l’esprit perçoit pour lui-même comme « ce qui est connu de l’esprit des êtres au savoir spirituel supérieur comparé à ce qu’il serait connu des êtres qui n’ont pas progressé spirituellement ».
Le sanskrit paramārtha est traduit en tibétain par དམ་པའི་དོན། - « Dam-pa’i Dön » ou དོན་དམ། - « Dön-dam » :
- « Dam-pa’i » est l’exact équivalent de ‘parama’ signifiant supérieur ou éminent ; et,
- « Dön » est l’exact équivalent de ‘artha’, signifiant factuel, vrai, tout à fait ainsi.


